Le simulateur SAfety GO Down plébiscité par les professionnels du secours en milieux périlleux

Mar 15, 2016 | Les actus des membres

« On ne pouvait souhaiter une meilleure clôture pour notre projet SAfety GO Down (SAGOD) », se réjouit Jean Benoit, président de la société VSM, une PME familiale spécialisée depuis plus de 25 ans dans la simulation pilotée temps réel pour avions et hélicoptères civils et militaires.

Mardi 8 mars, devant son établissement à Istres, une trentaine de médecins et infirmiers sont hélitreuillés à tour de rôle, à partir de la réplique de la cabine d’EC 145, que sa société a développé avec le soutien financier de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur et de la ville d’Istres dans le cadre de l’Appel à Projets Recherche Finalisée (APRF). « Nous les mettons en conditions réelles. Le pilote de l’hélicoptère leur indique qu’ils ont 15 minutes pour aborder le blessé, lui prodiguer des premiers soins, l’installer dans une civière et le faire remonter dans l’appareil », souligne le Commandant Roland Mijo, directeur du centre de formation en milieux périlleux et secours en montagne à l’Ecole d’Application de Sécurité Civile.
En 2009, il assiste à une présentation d’une solution « Search and Rescue » (Secourir une personne sur terre ou en mer au moyen de l’hélitreuillage) développée par la société VSM en réponse aux besoins d’entrainement des douanes. Il s’agit du simulateur Entraineur au Sauvetage et au Tir par HELicoptère (ESTHEL) qui mixe des treuils réels et des visuels virtuels très réalistes. « Cette solution ne m’a pas convaincu car elle ne répondait pas à notre besoin impérieux de disposer d’un moyen d’entrainement mobiles. Je suis revenu voir la société en 2011 avec un cahier des charges plaçant ce critère en tête de liste », souligne le Commandant.

VSM avec le soutien du Pôle Pégase, réunit un consortium de partenaires (6MOUV, le GREDEG, le CNRS et IEA) pour développer un simulateur mobile basé sur une réplique à l’échelle 1 des célèbres « Dragons » de la sécurité civile. « Aujourd’hui il y a du vent, mais par temps calme, la cabine peut être montée et maintenue à 10 m de haut », souligne Jean Benoit. Contrairement au simulateur ESTHEL, il n’y a pas d’images virtuelles permettant de représenter visuellement les différents environnements dans lesquels interviennent les sauveteurs. « Nous avons par contre reproduit ‘l’ambiance’ sonore de nos hélicoptères », précise Roland Mijo.

« Dans un contexte de réduction des budgets, nous devions trouver des solutions pour rester performants. Nos opérations de secours mobilisent beaucoup d’intervenants et nous nous entrainons sur nos hélicoptères d’intervention ce qui pose un problème de disponibilité et d’organisation pour la formation car ils peuvent partir en mission à tout moment. Par ailleurs, une heure de vol coûte entre 2000 et 4000 euros. Le simulateur est pour toutes ces raisons un excellent moyen de substitution à l’hélicoptère. A terme, l’enjeu serait de réaliser une sorte de « Tour de France » des bases de la sécurité civile. Nous pourrions sur un laps de temps court assurer une formation exhaustive des personnels concernés. La semaine dernière, je suis intervenu à Annecy dans le cadre d’un master européen de secours en montage. Les « stagiaires » en provenance de toute l’Europe ont plébiscité le simulateur et nous avons également des marques d’intérêt réel de la part de sociétés privées », explique le Commandant Mijo.

Ce n’est pas le Docteur Mathieu Coulange, co-responsable de la formation « Aide médicale d’urgence en milieu maritime » d’Aix Marseille Université et chef du service de médecine hyperbare, subaquatique et maritime de l’hôpital Sainte Marguerite à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille qui le contredira. « Depuis une dizaine d’années, nous formons des médecins et infirmiers en activité à travailler dans des environnements très différents d’un box d’urgence. En intervention de secours pré-hospitalier, le médecin est un maillon de la chaîne d’intervention et il doit apprendre à se positionner par rapport à un environnement difficile (bruit, accessibilité…) et à travailler avec les autres opérateurs (pilote, mécanicien, sauveteur héliporté, groupe d’intervention en milieu périlleux, plongeur, secouriste…). C’est justement tout l’intérêt d’une formation comme celle d’aujourd’hui qui rassemble tous nos corps de métiers, nous apprenons les bonnes pratiques de chacun par l’expérimentation. L’autre avantage du simulateur est que, contrairement à un hélicoptère réel, nous avons le temps de décortiquer les gestes et de travailler le volet médical de la formation », précise t-il.

Pour développer son activité de formation, la société VSM s’est dotée d’une filiale « VSM Training » dont la vocation est de mettre au point et commercialiser des formations à l’hélitreuillage. Pour coller encore plus près aux besoins de ses clients, l’entreprise envisage la construction d’un bassin d’entrainement à proximité de ses locaux à Istres.

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Voir la vidéo sur le projet SAGOD ici

Crédit photo Docteur Coulange APHM
Crédit photo Docteur Coulange APHM