Retour sur la rencontre autour des solutions de sécurité pour les industries et milieux à risques

Mar 16, 2016Les actus du Pôle

Saviez-vous qu’une équipe de chercheurs européens est parvenue à créer des essaims de robots sous-marins, capable de fonctionner comme les bancs de poissons, pour des opérations de surveillance environnementale et de recherche et sauvetage en mer ? Peut-être, avez-vous entendu parler de cette nouvelle génération de capteurs qui permet de détecter un feu avant son déclenchement ou de définir les meilleurs itinéraires d’évacuation des foules lors de situation d’urgence ? Qu’elle soit inspirée de l’observation de la nature ou transposées d’un secteur industriel à un autre, la créativité des entreprises et des organismes de recherche semblent sans limites pour apporter des solutions innovantes aux besoins de protection des sites industriels les plus sensibles et de notre environnement.

La rencontre “Sécurité et Sûreté des industries et milieux à risques” organisée par SAFE Cluster en partenariat avec Optitec, la CCI de Vaucluse et Vaucluse Développement, le 10 mars dernier sur le Technopôle Pégase à Avignon, en a fait la démonstration. La soixantaine de participants a salué l’important travail de veille “marchés” et “technologies” qui leur a été présenté. Une “mine d’informations” qui leur a permis de confronter leurs solutions à des technologies concurrentes et/ou complémentaires mais aussi de découvrir de potentiels nouveaux marchés.
Dans le panorama des solutions de sécurité pour les sites et milieux sensibles, celles organisées autour des drones sont particulièrement nombreuses. Il est vrai que ces vecteurs aériens présentent de nombreux atouts : discrets et furtifs, économes, de plus en plus autonomes, capables d’embarquer de l’intelligence…Ils apparaissent comme la solution idéale. Malheureusement, ces atouts en font aussi  une menace, pour des lieux et installations stratégiques, ou comme on l’a vu récemment un danger pour les autres “usagers” de l’espace aérien. Des solutions émergent pour neutraliser les drones malveillants.  Il n’est pas toujours nécessaire de “voler” pour apporter une réponse efficace à un besoin de sécurité, des alternatives existent qui utilisent des capteurs permettant de reconnaitre des individus de nuit à plus d’un km ou de détecter des fuites de gaz  au sein d’un site industriel.

Merci à tous les participants en particulier aux entreprises: Airspace Drone, Azur drones, Exavision, Drone Horizon Technologies, Paramount, Novadem et au Centre d’Excellence Drones pour leurs contributions à cette journée.

Retrouvez les témoignages clés et les images de cette première rencontre thématique de SAFE Cluster.

Eric Nascimben, président de la société Exavision présente la solution Vigisens.

Les solutions innovantes de sûreté ne sont pas toutes “aériennes”. Capable de couvrir un rayon d’action très large jusqu’à 10km pour sa version “long range”, le système de vision développé par la société Exavision est aujourd’hui utilisé en France et dans le monde pour des missions ponctuelles ou pérennes de surveillance : de frontières et de zones côtières, d’installations portuaires et la protection d’infrastructures sensibles (sites pénitentiaires, pétrochimiques, nucléaires, camps militaires…Le système est piloté par VIGISENS, une suite logicielle qui traite des informations recueillies grâce au réseau de capteurs radars et électro-optiques. Il détecte les intrusions et est capable d’établir une reconnaissance humaine jusqu’à une distance de 1000 m. “Cerise sur le gâteau”, l’intrus est informé qu’il a été identifié par un signal lumineux qui le pointe et le suit,  un système audio permet également de lui transmettre des messages à très longue distance. “Outre le couplage de technologies qu’il embarque, l’un des atouts majeurs de notre système est sa grande adaptabilité. Déployable en 30 minutes, il peut être positionné, grâce une remorque que nous avons fait développer sur mesure,  dans des zones non couvertes par le système de surveillance de l’entreprise ou particulièrement sensibles. Nos tourelles gyrostabilisées permettent également d’assurer une surveillance à partir de bâteaux ou d’engins terrestres. Exavision, basée à Nîmes, compte 25 personnes et investit en R&D pour répondre encore plus précisément aux besoins de ses clients. “Par exemple concernant le risque émergent des drones malveillants, la société participe au projet ANGELAS dont la vocation est d’évaluer de  façon très précise le panel des technologies disponibles (optronique et radar passifs et actifs, goniométrie, leurrage GPS, leurrage radiofréquence,…) et de mesurer leur efficacité face aux différentes catégories de drones. En parallèle, Exavision développe un système de vision avec l’ONERA basée sur une caméra SWIR à imagerie active.”
Pour en savoir plus :
www.exavision.com

Stéphane Morelli, président de la Fédération des drones civils revient sur les dernières évolutions de la réglementation.
L’une des missions phares de la Fédération des drones civils est de faire évoluer la réglementation qui encadre notre activité. Notre action a permis d’aboutir en 2015 à un nouveau texte élaboré par la DGAC. Il faut savoir que nous avons une des réglementations les plus permissives et propices au développement des drones civils notamment à l’international.Notre cadre réglementaire est une force dans les pays émergents où tout est à élaborer y compris la cadre d’usage de ces vecteurs. Proposer une solution clé en main avec une doctrine emploi est un atout réel. Par ailleurs depuis 2015, les minidrones multi rotor n’ont plus besoin de licence pour être exportés. Nous sommes nombreux et petits, à ce titre il est important que nous rejoignons des structures comme les pôles de compétitivité qui nous protègent et structurent la filière.

www.federation-drone.org

Fort de ses succès en France, la société Novadem met désormais le cap sur l’export. Sur ces dernières supports de communication, uniquement du visuel et le nom des drones pour être compris partout dans le monde.

Novadem est devenue incontournable dans le paysage des acteurs français du drone civil. En quelques années, la société a conquis de très nombreux clients : la gendarmerie, le SDIS 13, l’armée de terre, la DGA, Nexter Robotics, la SNCF  mais également des sociétés d’ingénierie comme DIADES et Egis. Ce succès, elle le doit à sa vision incarnée par ses deux produits phares. Le U130, drone dédié aux activités d’inspection avec une autonomie et une capacité d’embarquement significatives, et le NX110, drone pliable très léger (moins de 2 Kg – 20 minutes d’autonomie), facile et très rapide à déployer qui s’adresse plutôt à des besoins de surveillance (Défense, sécurité civile…). “Notre métier n’est pas de développer des drones mais de véritables outils de mesure et d’analyse, et d’aide à la décisions pour les professionnels”, explique Pascal Zunino, co-fondateur de Novadem. A ses côtés, Benjamin Poli, responsable drone -recherche et développement chez DIADES témoigne:  “Nous sommes l’un des tous premiers clients de la société Novadem. Pour l’anecdote, nous avons le drone n°8 de la flotte Novadem et  cela fait 5 ans que nous utilisons le U130 pour des opérations d’inspections d’ouvrage, la plus emblématique est celle du Viaduc de Millau. Au regard des dimensions de l’ouvrage, seul un drone pouvait réaliser une opération d’inspection efficace”. Et d’ajouter, le U130 permet d’identifier les désordres sur les ouvrages avec une précision très fine, de l’ordre du cm. Les images prises  nous permettent de reconstituer un modèle 3D de l’ouvrage où les désordres sont géoréférencés. L’utilisation du drone a évidemment modifier notre façon de travailler. Nous faisons par exemple beaucoup plus d’inspection de barrages”.

www.novadem.com

Denis Chaumartin, directeur de l’agence CS Toulon présente le projet de lutte anti-drones Boreades.

Leur petite dimension, leur discrétion,  leurs matériaux de conception…rendent les drones difficiles à détecter par la majorité des systèmes de détection actuels. Depuis la multiplication d’incidents de survols de sites sensibles par des drones depuis 2014 (centrales nucléaires, sites militaires), la question de la sécurité « anti-drone » est devenue un enjeu majeur. Un sujet dont la France s’est saisie très vite, lançant notamment un appel à projets ANR – Flash « Protection des zones sensibles vis-à-vis des drones
aériens » pour faire émerger des solutions technologiques innovantes sur le sujet.

C’est en réponse à cet appel à projet que l’entreprise CS et ses partenaires ont développé le projet Boreades en référence aux fils ailés du roi Borée de la mythologie grecque  qui avaient chassé les harpies, être volants, malfaisants et insaisissables.
Le système de lutte contre les drones malveillants BOREADES, sélectionné en mai 2015 par l’ANR (Agence Nationale de la Recherche) et le SGDSN (Secrétariat National de la Défense et de la Sécurité Nationale), a réalisé ses premiers essais officiels le 16 mars 2016 sur le site du CEEMA à Pourrières, l’un des sites du Provence RPAS Network.
BOREADES propose des solutions de détection et de neutralisation des drones civils légers. Construit autour d’une supervision centralisée, BOREADES assure une détection multisenseurs et une neutralisation par brouillage et leurrage radiofréquence. Le projet est piloté par CS , qui a en charge l’intégration et la supervision du système, accompagné de HGH, responsable de la capacité de détection optronique jour/nuit, SPECTRACOM, fournisseur de la solution de neutralisation des drones et de localisation du télépilote via le système de gestion de crise CRIMSON. Ce système est complété par des capacités de détection radar, des moyens optroniques d’identification & poursuite, et des solutions de brouillage des fréquences de radio-télécommande et de navigation. BOREADES est décliné en plusieurs versions, permettant d’assurer la sécurité de zones de dimensions variables tels que des bâtiments publics, stades, aéroports et sites industriels sensibles.

www.c-s.fr

 

Paramount illustre le fonctionnement de la solution SIGAL, un système de détection et d’identification des gaz à distance.

Les systèmes d’imagerie infrarouge hyperspectrale développée par la société permettent non seulement de détecter les gaz et également de les identifier. “Chaque gaz a une signature reconnaissable à l’énergie qu’il dégage. Nous parvenons à identifier un gaz en absorbant l’énergie qu’il émet et en la confrontant à une base de données qui recense la signature de chaque gaz. Le système va jusqu’à identifier plusieurs gaz simultanément”, explique Le Brun Gay, Directeur général chez Paramount Advanced Technologies . Cette solution s’adresse en premier lieu aux sites pétrochimiques, aux aciéristes qui sont exposés à des risques de fuite. la solution  peut d’ores et déjà être embarquée sur des vecteurs aériens. “A terme, nous envisageons d’enrichir SIGAL avec des moyens de neutralisation ou de collecte des gaz détectés”, précise t-il.

www.paramountgroup.com

Jerome Monnot, dirigeant de Drone Horizon Technologie présente le nouveau drone acquis par sa société.

Drone Horizon Technologie a fait l’acquisition d’une nouvelle génération de drone ouvrant la voie à la robotique aérienne : ce drone possède un système de contrôle et de déplacement optique et ultrasonique, pour des positionnements et évitements intérieurs et extérieurs ultra précis. C’est aussi une plateforme de développement sur laquelle nous sommes a même de customiser le comportement de l’appareil par rapport à son environnement et d’agir en temps réels ou au travers d’application Mobile spécifique.
Drone Horizon Technologie utilise du matériel homologué, soigneusement entretenu et provenant du fabricant leader mondial DJI Innovation. En plus de nacelles gyrostabilisées 3 axes, tous nos drones sont équipés de retour vidéo numérique HD offrant une qualité d’image parfaite en temps réels pour le client”, explique Jerome Monnot.

www.dronehorizon.fr